Cela fait deux mois que je réfléchis à faire une bande dessinée vraiment sérieusement. Passé le cap de la peur de la page blanche, j’ai imaginé les aventures du Champion Infini.

La bande dessinée est un format que j’affectionne car je suis une grande lectrice de BD, mais je ne me suis pas embarquée dans cet exercice depuis mes lointaines études. Avant tout par peur de ne pas avoir grand chose d’intéressant à raconter. Plutôt que de tenter en vain de raconter quelque chose, j’ai décidé de prendre le problème autrement et de me concentrer sur ce que j’avais envie de dessiner. J’ai donc commencé par crayonner un personnage. Un chevalier.

Héros multiple

La seule chose que je savais, avant de commencer mes recherches graphiques, c’est que je voulais que l’histoire que j’allais raconter se déroule dans un univers de Dark fantasy. J’ai donc commencé par imaginer un chevalier. Volontairement sans visage pour lui conférer un air mystérieux, mais aussi lui enlever une part d’humanité. Avant d’être un humain je voulais qu’il soit surtout un chevalier. Un chevalier parmi tant d’autres car très rapidement, m’est revenu en tête le mythe du Héros aux 1001 visages de Joseph Campbell .

Je ne reviendrais pas ici sur ce schéma narratif fondateur pour beaucoup d’écrivains, cinéastes ou auteurs de BD, qui se sont largement inspirés – volontairement ou non – de cette oeuvre. Je vous invite plutôt à lire cet article wikipedia et à vous renseigner sur ce vaste sujet.

Ce que j’ai retenu ici de l’oeuvre de Campbell, c’est avant tout ce qu’évoque le titre « Héros au 1001 visages« . Et par des cheminements de pensées plus ou moins contrôlés, m’est venue l’idée d’un héros aux 1001 morts. Un héros qui affronterait à chaque planche un destin funeste. Mais qui à la suivante reviendrait d’entre les morts pour subir une nouvelle fois un sombre destin. Cette idée de destin inextricable et ces multiples vies m’ont aussi rappelé l’oeuvre de Michael Moorcock.  L’auteur met en scène les multiples incarnations du Champion Éternel à travers différents plans du multivers. Ici encore l’idée d’avatars multiples qui seraient inévitablement liés et soumis à un destin qui les dépassent, venait alimenter mon personnage et donner naissance au Champion Infini.

You died

Cette trame narrative me permet de m’amuser avec le format rapide mais exigeant de la planche unique. Ça me laisse aussi la liberté de distiller au fil des planches des brides de l’histoire plus profonde du Champion Infini et de sa raison d’être. La mort est bien évidement au cœur du récit et se retrouvera inévitablement à chaque fin de planche. Comme une invitation à poursuivre le récit et recommencer à la page suivante, une nouvelle vie. Bien sur, tout cela n’est pas sans rappeler les jeux vidéos et le principe de game over. Plus particulièrement Dark Souls qui – au-delà de l’inspiration du gameplay et du fameux You died – sera aussi une inspiration graphique.

Dark Souls est une des inspirations graphiques, au même titre de Berserk, autre monument de la Dark fantasy. Évidement, je ne prétend pas rivaliser avec ces œuvres majeures mais elles inspirent très largement mon travail. Elles jouent indéniablement un rôle dans la naissance du Champion Infini.

Voici la première mort du Champion Infini. J’espère que cette aventure macabre vous plaira ainsi que les suivantes. N’hésitez pas si vous avec des commentaires ou suggestions.

Bonne lecture 💀

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